Celui-là ne vous fera pas mal au coeur, ni peur, ni quoi que ce soit de négatif, et pourtant les frissons sont bien là.
C'est un simulateur. Le siège ne bouge pas, à part quelques tremblements pour faire plus vrai mais rien de méchant. Par contre, la pièce entière tourne sur elle-même, et VRAIMENT ON A L'IMPRESSION DE FAIRE DES LOOPINGS !! Le sol devient plafond et vice-versa... c'est carrément (ou plutôt, vue la forme de la pièce, c'est hexagonalement) génial.
C'est tellement bien fait que le seul truc qui montre qu'on ne tourne pas pour de vrai, c'est le sac posé aux pieds qui ne bouge pas, ou encore les cheveux des gens qui restent en place...
Le décor est joli, mais je ne trouve pas de vidéo où il ressort bien. Et surtout, la musique est superbe. Pour en profiter pleinement, clic sur le titre de l'article afin de faire taire la musique d'accueil du blog.
Bref, un manège de pur plaisir, mon préféré je crois.
Pauvre Max ! Au collège, il s'est fait agresser discrètement par un de ses camarades, et, pas dissimulateur pour un sou, a riposté devant témoins... d'où son "interpellation", convocation au bureau du CPE et finalement lettre d'avertissement et deux heures de colle !
Je sais que notre réaction n'est pas des plus "citoyennes", mais son papa et moi l'avons assuré que nous sommes de tout coeur avec lui, et que peu importent les deux heures de colle, s'il a réussi à dissuader l'autre de recommencer, et les témoins de la scène de lui chercher des noises à l'avenir...
Tous aux abris, cette nuit Abbounette se lâche !!!
Tout au bout du chemin, il y a un mur, un grand mur percé d'une petite porte. Derrière le mur, il y a un camping.
Les tentes sont de toutes les couleurs de l‘arc-en-ciel. Les lumières de l‘aube s‘esquissent à peine à l‘horizon. Tout est paisible. Tout le monde dort très profondément. On n'entend pas un souffle. Personne ne rêve.
Et pourtant, des gens arrivent sans cesse dans le camping, sans faire de bruit, sans déranger les dormeurs. Ils entrent dans l‘une ou l‘autre tente, ferment la glissière et se couchent sans bousculer personne.
Les plus nombreux arrivent par le chemin et passent doucement la porte. D'autres, trop pressés, font le mur bien avant d'avoir atteint l‘entrée. Il y a celles et ceux qui tombent de la route qui surplombe le camping. D'autres encore sont déposés par la mer sur le rivage le long des tentes, à moins qu'ils ne soient tombés des montagnes qui entourent le site.
Ceux qui n'entrent pas par la porte viennent de tous les côtés, presque toujours brutalement. Mais tous se relèvent sans bruit et rentrent dans une tente pour se coucher. Il y en a aussi qui arrivent on ne sait d'où, déjà en pyjama, avec des perfusions partout. Ils retirent leur attirail avec soulagement puis se couchent avec les autres.
Je me demande parfois si je serai déjà couchée lorsque le matin se lèvera sur le camping et, si oui, à côté de qui je me réveillerai.
Je sais seulement qu'un jour, il y aura un fameux cataclysme. Je sais que notre monde basé sur le pouvoir et le paraître court à sa perte et qu'il implosera. Je sais que ce sera très difficile et douloureux, et qu'ensuite il faudra tout reconstruire. Je sais aussi que la sagesse sera donnée aux humains de retirer la rage de vaincre de leur cœur et qu'ils procèderont au désarmement. Je sais que quand les hommes ne chercheront plus à se surpasser les uns les autres, il y aura de la place et de la nourriture pour tout le monde. Je sais que plus personne ne songera à abîmer notre Terre pour en soutirer du profit.
Alors, le camping n'aura plus de raison d'être. Un vent tiède va souffler sur les tentes avec une telle force qu'elles s'envoleront toutes d'un coup. Et ceux qui sont en dessous se réveilleront dans la lumière douce et les parfums du matin.
Ils se réveilleront côte à côte, ceux qui sont frères et qui ne se connaissaient pas, ceux qui ne vivaient pas dans le même temps, ou sur le même continent. Ils se reconnaîtront au tout premier regard, parce qu'ils y liront leur communion de pensée. Et ils se mettront tous à parler :
« - Tiens, mais c'est toi, là ? C'est vraiment toi ?
- Ben oui, on dirait. Et toi, tu as dormi là aussi ? Et puis toi aussi ?
- Ça alors, nous avons dormi sous la même étoile, euh je veux dire sous la même toile ! Ah, et zut, dire que je ne m'en souviens même pas !
- Et c'est quoi, cette langue que nous connaissons tous ? Ça ne ressemble pourtant pas à de l'esperanto.
- Dis, comment t'es arrivé là, toi ?
- Par le chemin, j'étais très vieux quand je suis arrivé. Et toi ?
- Par la route, avec toute ma famille, j'étais la plus jeune des enfants. Nous étions à un mariage, et Papa n'avait pas l'habitude de boire. La voiture a pris feu, et nous avons grillé comme des merguez. Je n'ai plus mal du tout, mais ce qui est sûr, c'est que quand je boirai, je prévoirai de dormir sur place.
- Ça tombe bien, l'ambiance a l'air d'être à la fête ici. Ben moi, je suis arrivé par la mer, et pourtant j'étais bon nageur. Une digue de sable s'est brisée, et d'un seul coup plus personne ne pouvait plus rien face aux rouleaux.
- Moi j'ai lutté des mois contre la maladie, non que j'avais peur de la mort, mais je ne voulais pas laisser mes jeunes enfants derrière moi. Et pourtant…
- Eeeehhh ! Touche voir ton visage, il est en train de repousser, et tes yeux aussi, ils repousent, et comme ils brillent !
- Toi aussi, ton visage repousse, et même tes cheveux, tu embellis de seconde en seconde.
- Ah, tu me fais rire, toi. Vue la façon dont j'ai passé l'arme à gauche, je ne vois vraiment pas comment je pourrais enlaidir davantage, tiens !
- Aaahh, ça me fait tellement chaud au coeur de t'entendre plaisanter là-dessus, tu sais. Cela veut dire en clair que ce n'est déjà plus qu'un mauvais souvenir, que tu évacueras vite.
- Eeehh ! Regardez nos mains, la chair repousse dessus, et les ongles aussi.
- Eh mais, t'étais pas vil… euh je veux dire, t'espas vilain !
- Oh toi alors, tu étais donc comme ça ? Figure-toi que dans les livres d'Histoire, on te représentait avec une tout autre figure.
- Ah bon ? Eh bien, j'espère que j'en trouverai encore un exemplaire, parce que j'aimerais bien voir ça !
- Eh, regardez ça ! Je n'ai plus mon corps d'enfant, j'ai l'air d'avoir vingt-cinq ans au moins.
- Eh bien, te voilà en pleine jeunesse, sans avoir traversé les tracas de l'adolescence.
- Moi aussi, j'ai l'air d'avoir à peine un quart de siècle, alors que j'ai vécu presque un siècle entier, c'est extraordinaire !
- Bon, si on sortait de ce duvet ? Maintenant que nos muscles ont repoussé, il commence à faire étroit, là-dedans. Et ce qu'on voit roulé à nos pieds, je suppose que ce sont des fringues.
- Oh la la, tout est tellement beau autour de nous, c'est tellement fantastique ! Vous savez quoi ? J'ai envie de chanter.
- Nous aussi ! Nous aussi !
- Ouais, mais dans l'immédiat, regardez tous ces gens, là-bas ! Je crois que ce sont ceux qui sont restés réveillés jusqu'à la fin. Ils ont l'air émerveillés de nous voir bouger, et on dirait qu'ils nous attendent.
- Bon, eh bien debout ! Je sens une bonne odeur de café, de bacon et de croissants. Je crois bien que c'est l'heure du Grand Petit Déj'. »
Abbounette, qui cherche à gérer ses deuils, comme tout un chacun.
Illustration : camp medias.lepost.fr
J'aurais bien aimé trouver une image sans le bloc sanitaire (en bleu)... Bloc sanitaire qui apporte une touche comique à cette allégorie de la mort.
Ces quelques pages ont pour vocation de partager des trucs et astuces pratiques en tous genres sur le plan de la consommation, des gestes verts pour notre planête, des tuyaux pour égayer notre quotidien, bref, tout ce qui peut rendre nos quotidiens plus légers et nos vies plus belles !
Bonne visite, et au plaisir de lire vos commentaires.
Abbounette
(Illustrations : fond d'après http://www.vilain-crapaud.fr/ elfe : http://rodinia.blog.mongenie.fr / ciel : photo des Léonides de 1966
Musique : Duncan Sheik - "A body goes down")