Mes amis, je vous jure que je n'ai rien fumé lorsque j'ai écrit ces lignes en mars 1987. Il y est question d'un printemps amoureux d'un été.
Illustration : d'après une image du site www.photosearch.fr
* * * SUR L'AXE DES TEMPS * * *
C'est une histoire de plein jour Si tu préfères, c'est un amour Qui n'a jamais vu une étoile briller, Qui ne s'est jamais déshabillé Une histoire sur l'axe des temps Dans l'irréel et le vent Enfin partons du commencement Il faut déjà imaginer l'enfant Sur les boucles de l'infini Un printemps cherchait l'oubli Et en fait, il a trouvé un été C'est classique, ils se sont regardés Le visage face au couchant Le printemps confie au vent : C'est mars, il tombe des cordes Du coup mes torrents débordent Et les crues de mes rivières Vont repousser mes frontières On éblouit mon sommeil D'un éclat de plein soleil J'ai trop chaud, je suis tout petit et j'ai peur ! Et forcément les jours rallongent Enfin, je veux dire : mes nuits raccourcissent Mes propres emphétamines me rongent Me portent et me nourrissent L'adolescent devient comme fou L'été ensoleille le tout Le printemps tout gosse en perd le nord L'été si patient pardonne encore Quand ils sont seuls tous les deux Le printemps détourne les yeux Pour cacher la lumière qu'il y a dedans Mais on ne la fait plus à un grand Et l'enfant perd sa pudeur, S'habitue à la chaleur Chacun sur une boucle de l'infini Ils se regardent et ce n'est pas fini Le visage face au couchant Le printemps confesse au vent : En mars, il tombait des cordes Trop tard, mes torrents débordent Et les crues de mes rivières Ont repoussé mes frontières On éblouit mon sommeil D'un éclat de grand soleil J'ai trop chaud, je suis moins petit, j'ai moins peur Et forcément les jours rallongent Enfin, je veux dire : mes nuits raccourcissent Je suis déjà debout et j'éponge Le sel sur mon front lisse Et forcément les jours rallongent... Les jours rallongent ! Les jours rallongent ! Il faut plein jour ! L'amour me ronge ! Les jours rallongent ! les jours rallongent... (ad lib)
* * * ABBOUNETTE * * * |