C'est l'affaire de Lille qui m'a plus ou moins amenée à me souvenir de ma première histoire. Dans les années 1980, j'ai rencontré un garçon qui avait deux ans et demi de plus que moi. Quelques jours après notre rencontre, j'ai su que, par accident, il était déjà papa et que d'ailleurs il n'était pas libre. Grrrrrr ! Mais quand on est adolescente, on a un peu du mal à brider ses sentiments.
Son enfant est donc adulte à l'heure qu'il est, et j'ignore complètement si mon flirt a été un bon père ou non. Cependant, je voudrais rendre hommage à ce père-ado pour la gentillesse qu'il m'a manifestée.
Pour situer le contexte, j'avais très peur du premier passage à l'acte. En effet, on m'avait raconté, deux ans plus tôt, qu'un homme, quand il se mariait, voulait que sa femme soit vierge parce que cela augmentait son plaisir… Brrrr, cela m'a tellement choquée que j'ai filé à la salle de bain et fait en sorte de ne jamais offrir à personne un plaisir que je trouvais sadique. Je manquais de recul, c'est vrai.
Deux ans plus tard, donc, j'ai rencontré mon drôle de papa ado. Ce même été, je me suis fait agresser, ce sont des choses qui arrivent. Mais voilà, le type qui m'avait passée à tabac s'était éloigné en hurlant : « La prochaine fois, ce sera autre chose que les poings ! » Comment fallait-il comprendre cette menace ? Je ne le saurai jamais. Toujours est-il qu'à l'époque, je l'ai prise comme une menace de viol, et que je n'avais plus qu'une seule urgence : ne pas être vierge si cela arrivait.
Et, que l'on me pardonne mais là j'ai pleinement confiance en votre compréhension, c'est tout naturellement que ce garçon, qui m'attirait, m'est apparu comme le candidat idéal pour cette première fois. Il ne s'est d'ailleurs pas fait prier. Mais voilà, comment allait-il croire qu'il était le premier, alors que j'avais effacé la preuve depuis deux ans ?
Eh bien, mon ami, bien qu'ayant constaté l'absence de signe de virginité, a été suffisamment psychologue pour ne pas en douter : je suppose que mon attitude était éloquente. Non seulement il n'a pas du tout regretté de ne rien avoir à forcer, mais en plus il avait l'air ravi de me servir de guide sur ce territoire inconnu pour moi. Bonne fête et honneur à toi, Silvano ! Et peu importe si lors de notre première rencontre, tu as menti par omission sur ta situation de père-ado. C'est pour faire la rime avec ton prénom que j'ai mis ce joli oiseau en illustration.
Ah oui, j'ai failli oublier de vous le préciser, mes amis : mon agresseur ne m'a plus jamais touchée par la suite.
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