Ce jeudi matin (ne pas se fier à la date de l'article) comme à peu près tous mes concitoyens si j'en crois mon entourage, je me suis réveillée fatiguée, mal fichue comme tout. Sans doute, la tempête de cette nuit a-t-elle rendu nos sommeils moins réparateurs : du vent, des volets qui claquent...
Durant les vingt minutes de trajet qui séparent l'école de mon fils de mon lieu de travail, j'ai retrouvé quelques ressources de bonne humeur en chantant au volant. Ouille, j'espère que ce n'est pas trop dangereux...
Arrivée sur le parking de "ma" mairie, je marche d'un pas tranquille vers le parvis, les cheveux balayés par les vents forts, lorsque soudain, je découvre... les images qui illustrent cet article !
Bien sûr, les photos ne peuvent pas rendre toute la beauté de cet arc-en-ciel : ni sa grandeur au dessus de l'horizon, ni les couleurs véritables que j'ai observées. De plus, l'horizon en contrejour est fort assombri par l'objectif.
En fait, cet arc-en-ciel était vert, turquoise et mauve, avec un liseré d'or qui ourlait sa partie supérieure. C'était beau, mais BEAU ! ...Tellement beau qu'on aurait dit un cadeau du Ciel, un cadeau personnel fait à ceux qui prennent le temps de le savourer.
J'étais scotchée là, sous une pluie très légère et sous la caresse du vent. Et je regardais, je regardais de tous mes yeux.
Après quoi, je suis entrée dans la mairie, incroyablement revigorée, et heureuse.
Je crois bien que le secret du bonheur, c'est de parvenir à s'émerveiller de tout, et de développer sa sensibilité dans ce sens. D'ailleurs, mon Fiston m'a déjà dit que je semble à la fois très malheureuse et très heureuse.
Disons que je me prends toutes les émotions, bonnes ou mauvaises, en pleine figure, c'est vrai. Mais en faisant l'addition, je constate avec plaisir qu'il y a bien davantage d'émotions agréables au compteur que de coups de blues.
La vie est une succession de grands frissons. Comme un manège a forts dénivelés. Comme un chant à large tessiture. Du sourire d'un enfant au chant d'un oiseau, en passant par le parfum d'une fleur, la douceur d'une brise d'été, la beauté d'un paysage, tout est occasion de frissonner.
Signé : Abbounette hédonistissime !
Et je termine en partageant cette citation de Charles Baudelaire trouvée aujourd'hui sur le blog de Laylà :
"Il faut être toujours ivre. Tout est là: c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.
Mais de quoi? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise.
Mais enivrez-vous."
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