Mes amis, voilà donc que je dispose à nouveau d'une connexion, ce qui n'est pas trop tôt. Je voudrais commencer cet article de retour en remerciant de tout mon cœur notre Kiki pour les cadeaux qu'elle nous a faits sur son blog (si vous ne le connaissez pas encore, cliquez sur l'image pour découvrir son univers artistique tout en émotion et en tendresse).
Aujourd‘hui, il est temps de vous donner de mes nouvelles, qui ne sont pas forcément réjouissantes. Mais comme le chantait Carlos au début des années 80, il arrive que les averses fassent de beaux jardins, n'est-ce pas ?
J'ai évoqué, il y a quelques semaines, les soucis hallucinants que j'ai au bureau : un ex-subalterne, une forte tête, qui a passé un concours et pris la place du directeur des services techniques parti à la retraite, et une directrice générale qui fait payer aux gens des affronts imaginaires qui remontent à plusieurs années. Par ailleurs, début septembre, on a réparti le boulot d'une technicienne contractuelle qu'ils ont virée entre un autre technicien et moi-même, en plus de nos propres postes, et on m'a annoncé que je remplacerai la collègue qui gère le service des eaux pendant son congé de maternité. Voilà pour le contexte.
Contexte qui évidemment me pose beaucoup de soucis, et m'accapare au point que, en ce début d'année scolaire, je n'ai pas repris d'activité extraprofessionnelle par manque de temps et d'énergie. Le 9 octobre dernier, j'ai pris un jour d'absence pour souffler un peu. En effet, notre règlement prévoit que nous avons droit à 3 jours par an d'absence sans justificatif, cela pour éviter de courir chez le médecin et de se faire arrêter au moindre bobo. Coïncidence, l'un de mes collègues a fait de même cette semaine-là.
Le 10, qui était un vendredi, j'avais tellement de boulot que je n'ai pas eu le temps de faire signer le papier de régularisation de mon absence du jeudi. J'ai présenté ledit papier lundi 13 octobre, en même temps que mon collègue, à mon directeur, le personnage dont j'ai parlé plus haut. Il a signé la feuille de mon collègue sans problème dès le matin. Pendant la pause de midi, j'étais encore au travail quand il est venu me demander d'un ton ultra agressif si je n'ai pas déjà consommé mes 3 jours de l'année et si je ne cherche pas à truander - absurde : le système informatique du service des ressources humaines aurait vite fait de relever l'irrégularité, mais passons. Bien évidemment j'étais dans mon bon droit, et largement, mais le temps que je consulte le logiciel pour donner plus de précision, le monsieur était parti en claquant la porte.
Eh bien là je me suis mise à pleurer comme un bébé. Marre de ce ton agressif que je supporte du matin au soir. Marre de ces sempiternelles accusations : deux ans et demi que chaque fois que je produis un document ou que je donne une information pour le boulot, le monsieur demande à l'une ou l'autre personne de mon équipe de contrôler mes dires ou mon travail. Je suis rentrée chez moi, ai regardé le JT de 13 heures pour me changer les idées (et relativiser mes soucis en voyant d'autres choses bien plus graves) mais quand je suis retournée au bureau l'après-midi je n'avais toujours pas réussi à retrouver mes esprits. J'ai raconté à mes collègues l'incident de façon confuse, tout en criant que j'allais tuer le directeur et me suicider après, et probablement d'autres bêtises du même tonneau, puis finalement comme je n'arrivais pas à me remettre j'ai quitté les lieux et vu mon médecin, qui m'a accordé la semaine.
Au milieu de la semaine, je commençais à aller mieux et j'envisageais sans trop d'appréhension ma reprise de travail le lundi suivant. De son côté, la directrice générale s'est mise à convoquer mes collègues, en particulier l'une qui est mon amie, qu'elle a convoquée une dizaine de fois. Elle a fini par réussir à lui extorquer mon numéro de mobile, et prétendant qu'elle souhaitait régler le conflit et me remonter le moral.
Lorsque mon amie m'a prévenue, le mercredi soir, j'ai passé une nuit blanche ou presque. Le jeudi matin, j'ai eu sur mon mobile 4 appels avec numéro masqué en 5 minutes, alors j'ai fini par appeler moi-même, qu'on en finisse. C'était tout sauf une conversation positive, et avec le recul je me demande pourquoi je n'ai pas raccroché au nez de la madame, sans doute parce que j'ai eu la naïveté de croire qu'elle avait besoin de me parler d'un dossier concernant le boulot lui-même. Donc elle m'a dit que c'est mal de « se mettre en maladie » (c'est son expression - mais si j'avais le pouvoir de « me mettre » en maladie moi-même, je serais sans doute maso d'aller au boulot pour subir tout ça, non ?) que ce n'est pas sérieux, que ce n'est pas responsable et autres gentillesses. Elle m'a également demandé de m'excuser auprès du directeur des services techniques pour les propos que j'ai tenus. Certes, je déteste le mensonge, mais le délégué syndical m'a conseillé de le faire pour que ces gens ne puissent pas me reprocher de ne pas m'être excusée. Par ailleurs, elle a lourdement insisté sur le fait que ce n'est pas bien de profiter de son droit aux trois jours par an d'absence sans justificatif comme je l'avais fait. J'ai su par la suite que d'autres collègues avaient déjà subi des pressions pour ne pas user de cette faculté.
Le lundi 20, j'ai repris le travail. Donc j'ai fait un gentil petit mail au directeur, où j'ai écrit que mes paroles ont dépassé ma pensée, que je le priais de m'en excuser, et que j'étais disposée à en discuter de vive voix quand il le souhaiterait. Pas de réaction bien sûr, mais je m'y attendais. Le lundi et le mardi, j'ai ms les bouchées doubles, parce qu'il y avait du boulot à rattraper, et parce que la semaine suivante il était prévu que je sois en congé pour les vacances scolaires. J'avais une réception à organiser, des certificats d'urbanisme à émettre, et une bonne dizaine de courriers à faire pour régler des encaissements de recettes, bref pas de quoi avoir le temps de ressasser mes soucis. Mes collègues ont été adorables, ils m'ont accueillie très chaleureusement.
Malgré tout, je n'allais pas bien du tout. Le coup de fil de la directrice m'a particulièrement cassée et encore aujourd'hui je n'en suis toujours pas remise, tant le ton était gratuitement hostile. D'ailleurs, le lundi de ma reprise, la madame a ricané en me croisant, passons. Le mercredi, j'ai abattu encore pas mal de boulot, puis le soir je suis retournée voir mon médecin: je ne pouvais plus rien avaler depuis ma reprise, je souffrais de nausées, de courbatures, de maux de dos et je tenais à peine debout. Re-arrêt de travail, et cette fois pour 20 jours - aïe aïe aïe, j'en ai déjà consommé plus de la moitié mais mieux vaut ne pas y penser. Par ailleurs, mon médecin m'a demandé de prendre rendez-vous avec le médecin du travail pour lui rappeler la situation, et j'ai rendez-vous mercredi matin. Je vais devoir reprendre le 12 novembre le travail, et en attendant j'ai dû commencer un traitement d'antidépresseurs et d'anxiolytiques.
En fait, cet arrêt est providentiel. En effet, j'ai su par mon amie que le jeudi, mon directeur avait remis sur mon bureau ma demande de congé payé pour les vacances scolaires, qu'il avait refusé de me signer. Je suis par contre très gênée par rapport à mes collègues qui ont dû finir le boulot que je m'étais programmé pour la semaine avant les vacances scolaires.
Donc voilà mes amis, en ce moment je dispose de petites béquilles chimiques censées m'aider à voir les choses sous un jour plus positif, mais malgré tout, je suis très angoissée par l'avenir, et en particulier par la période qui approche à grands pas où je devrai, selon ma hiérarchie, remplir les missions de mon poste, celles de ma collègue du service des eaux, et la partie administrative du travail de la technicienne que la mairie n'a pas voulu garder. Évidemment, je n'ai aucun ordre écrit de remplir ces trois missions à la fois. Si je n'y parviens pas, je vais bien sûr subir de très fortes pressions psychologiques, me faire traiter d'incapable, de paresseuse ou que sais-je encore. En effet, lorsque j'ai tenté de signaler qu'il est impossible que je remplace deux collègues sur une période de plusieurs mois, la directrice a rétorqué qu'en fait le travail me fait peur.
Mais si d'aventure je parviens à faire tout ce boulot de façon pas trop catastrophique, alors là c'est encore plus grave. Cela reviendrait à démontrer que deux de nos trois postes sont inutiles ! Donc en gros, au retour de ma collègue enceinte, on pourrait lui demander de reprendre son poste, de faire mon boulot… et supprimer mon poste de travail. Je me retrouverais donc salariée du centre national de la fonction publique territoriale, appelée à effectuer des remplacements sur un territoire au moins régional, alors que j'ai un enfant qui n'a sûrement pas besoin que sa mère le dépose chez une nounou à des heures très matinales pour le récupérer à point d'heure le soir. Bref, il vaut cent fois mieux que je ne parvienne pas à remplir les missions des deux collègues absentes en plus de mon poste, et que je supporte les insultes et accusations qui ne manqueront pas de pleuvoir.
Le délégué syndical (CGT trouve que je suis trop jeune pour entreprendre des actions pour me défendre. Il dit que cela me poursuivrait durant la petite vingtaine d'années qu'il me reste à effectuer avant la retraite. Voilà donc où j'en suis, j'espère ne vous avoir pas trop saoulés avec ces nouvelles somme toute pas trop bonnes, et je vous remercie tous du fond du coeur pour votre chaleureux soutien et pour vos messages pleins d'amitié qui me font vraiment du bien. |